La chefferie Bamiléké

Le Chef est à la tête de la hiérarchie traditionnelle. Dépositaire des coutumes ancestrales, personnage sacré au pouvoir divin, il veille à la sécurité de son peuple. Aussi la désignation de son successeur a t-elle un caractère absolu et sacré. Si par des forces intérieures ou extérieures un usurpateur arrivait à prendre le pouvoir, le culte est interrompu et le village est frappé de plusieurs malheurs.

Quoique le chef a sur son village une autorité illimitée, il vit sur la hantise de ses notables car ceux-ci pris ensemble ont sur lui un droit de vie ou de mort. Ils le placent au trône comme ils peuvent l’en éliminer.

En principe, le Chef tire son autorité de sa légitimité: Il doit en effet être fils de chef, né quand son père était au trône, avoir été choisi par son défunt père qui avait alors confié son nom aux Nkep’feu (notables qui intronisent les chefs). Il sera arrêté lors du deuil de son père et conduit au La’kep (maison d’initiation),en vue d’y être initié à sa fonction de chef et aux secrets magiques: Cette légitimité lui confère l’autorité de chef, qui devient alors le garant de la prospérité et de la survie de la chefferie.

La désignation et l’intronisation d’un chef sont du ressort de deux collèges de grands notables:
Le premier collège constitué de sept membres, Nkep-so’ba, qui a pour responsabilité de présenter aux populations le successeur du Chef défunt.
Le deuxième collège constitué de neuf membres, Nkep-veuhe, qui a pour mission d’assurer la formation du nouveau chef durant son séjour au La’kep.

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Hattie A. Farrell
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La première observation que l’on fait dans cette société est le rôle central du père. Il est la référence centrale. On désigne une famille par le nom du père, le village d’origine de la famille est celui du père. Le fils naît, grandit, s’épanouit et se marie dans la cour de son père. Bref la suprématie de l’homme est consacrée de façon absolue. Cependant, si tous les privilèges semblent aller à l’homme, le rôle de la femme est très discret mais pourtant essentiel. Elle est la soeur, l’épouse et la mère, la gardienne du patrimoine culturel et de l’éducation des… Lire la suite »