Suite du Prince héritier au Lah-kep

           L’initiation au Lah-kep se fait par le grand maître initiateur, entouré de son groupe de dignitaires qui ont tous en leur possession un totem. Le prince héritier ne bénéficie pas seul de cette initiation, il est entouré d’une part de ses plus proches collaborateurs et d’autre part de ses nouvelles épouses.

L’adjoint au chef, appelé Nchuipou

        Il est le frère consanguin du prince héritier, et subit presque le même rituel d’initiation que celui-ci. Son rôle peut être résumé en cinq points qui sont :

  • Il est appelé à remplacer le prince héritier, notamment lorsque la stérilité de ce dernier est avérée. Puisqu’il subit la même formation que son frère, il n’y a aucune perte de temps en cas de substitution, et, par conséquent, le programme d’initiation et d’intronisation du nouveau chef est respecté. Il est donc le futur chef du village si le prince héritier, pendant son séjour au Lâ’kam, ne procrée pas.
  • Dans des cas exceptionnels où le prince est retenu comme futur chef en dépit de sa stérilité, le Nchuipou sert de paravent au chef pendant son règne, en faisant des enfants en lieu et place dudit chef, mais en toute discrétion car, dans ces circonstances la stérilité du chef n’est jamais dévoilée.
  • Il assure la régence lorsque le chef meurt précocement, en ne laissant que des enfants mineurs.
  • A la demande du chef ou quand celui-ci est moins viril, l’adjoint régule la multiplication de la descendance princière en aidant le chef à faire des enfants avec les nombreuses femmes de la cour.
  • Le Nchuipou est le meilleur représentant du chef où qu’il soit : il est le plus digne de confiance, il lui est dévolu plusieurs missions du chef, etc. Il est d’ailleurs aussi nanti de pouvoirs de protection et de vision que lui procure l’initiation du prince.

Le Sop Nkoh-kelog

C’est un fils ou petit-fils du défunt chef que le prince héritier choisit. Il a pour rôle d’être en quelque sorte les « yeux et les oreilles du chef », c’est-à-dire qu’il est censé dire au chef tout ce qu’il observe et entend, car il a reçu lors de son initiation des techniques et pouvoirs d’observation et d’enquête.

La whou-nkoh

C’est une fille, petite-fille ou arrière-petite-fille de la chefferie. Comme son nom l’indique, elle est l’enfant la bien aimée du chef. C’est l’enfant qui bénéficie de toute la tendresse du chef.

Mè-ngueup

Elle est la première épouse du prince héritier. Un espion de la chefferie travaille à détecter de belles demoiselles du village qui reflètent ses goûts. Il faut noter qu’une copine du prince est souvent approchée à cet effet, à la demande de celui-ci ; mais elle doit être une fille du village pour prétendre à cette illustre place. De toute manière, elle doit être trouvée au cours des premières semaines du séjour du prince héritier au Lah-kep. La Mè-ngueup est initiée bien plus que les autres femmes présentes au Lah-kep: elle doit avoir plusieurs totems, signe de puissance.  C’est elle qui une fois sortie de la case d’initiation a ce rôle de dresser un calendrier de passage des autres femmes du chef dans la chambre de ce dernier. Elle seule c’est-à-dire la reine bien aimée du chef, décide du rapport intime qui doit exister entre son époux et ses coépouses. Elle est considérée comme « l’unique véritable épouse du souverain ». On peut dès lors voir qu’elle bénéficie de beaucoup d’honneurs et de faveurs de la part de ses coépouses.

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de